Radical.e !

Edito Depuis déjà longtemps pour certain.e.s d’entre nous, depuis quelques semaines seulement pour d’autres, nous avons une conviction. Elle est intime et effrayante. Nous avons pourtant choisi de l’affronter, de nous y confronter ensemble au sein de l’Adaptation Radicale Francophone (ARf). Cette conviction pourrait se résumer en quelques mots, même si elle diffère en fonction des sensibilités et que tou.te.s n’auraient pas choisi ces mots là : le monde tel que nous le connaissons va très bientôt changer profondément, nos repères vont être bousculés, nous allons être bousculés, sans ménagement.

Nous avons conscience qu'on ne peut pas réellement se préparer, que ce qui nous attend dépasse certainement ce que nous pouvons imaginer. Nous ne savons pas comment cela va se passer, ce qui va arriver et dans quel ordre. Un crash économique, un autre virus mondial, un cataclysme météorologique, des pénuries graves, des famines, des violences civiles, des guerres, des cygnes noirs qui pourraient changer la donne très rapidement (telle la Covid 19).

Non, c'est vrai, nous ne savons pas.

Notre mouvement est issu de celui crée par Jem Bendell qui s'appelle "Deep Adaptation". Une traduction moins littérale en français a été choisie. Au terme de "Profonde" qui ramenait un peu plus au versant émotionnel de la question, a été préféré celui de "Radicale" qui intégrait un côté un peu plus pragmatique et pratique (sans oublier par ailleurs l'accueil des émotions suscitées par cette prise de conscience et les états psychologiques qui en découlent).

Oui, c'est bien d'une adaptation radicale dont il est question. En premier lieu parce que radicale s'entend ici comme "à la racine", une adaptation qui ne pourra se contenter d'être superficielle et arrangeante, une adaptation qui devra être sincère et qui devra prendre en compte tous les aspects de nos sociétés. Une adaptation qui nous oblige à tout remettre à plat et à nous interroger sur les fameux 4 R de la Restauration, du Renoncement, de la Réconciliation et de la Résilience. Il s'agit bien de questionnement autour de ces thèmes et non de réponses toutes faites. Ce sont, pour ARf, des points d'ancrage dans notre démarche d'adaptation. D'autres voient, regardent et critiquent l'adaptation comme une acceptation muette de ce qui arrive, comme un appel à ne plus lutter.

Au sein de l'ARf pourtant, beaucoup se battent dans les associations et les mouvements pour le climat, dans des partis politiques ou des regroupements citoyens, et ce avec beaucoup d'énergie. Chaque dixième de degré compte, chaque prise de conscience est une victoire, chaque avancée sociale est importante pour des populations et des écosystèmes déjà en souffrance sur bien des points.

Nous œuvrons mais nous savons.
Nous ne nous mentons plus, cela ne suffira pas.

Il y a tellement de choses auxquelles penser, par quoi commencer d'ailleurs ? Comment faire ? Au risque de vous décevoir et même si beaucoup travaillent et avancent sur des pistes "pratiques", nous ne savons comment faire pour que celles-ci se généralisent. Nous voyons ça et là des initiatives qui nous réchauffent, qui nous donnent du courage et que nous prenons plaisir à diffuser mais, ça ne suffira pas.

Nous aurons moins d'énergie, moins de nourriture, moins de confort, moins de soins, moins de moyens de transports et de communications, même si la chronologie et l'ampleur restent inconnues.

Fort.e.s de cette conviction, nous souhaitons créer des groupes locaux sur les territoires ou intégrer ceux qui existent déjà et faire du lien, encore et toujours. Pour ne pas être seul.e face à ce qui arrive, pour créer ou renforcer des réseaux d'entraide, pour faire ce que nous pouvons et continuer à réfléchir ensemble, à rendre les changements inéluctables humainement plus acceptables, plus intelligemment assimilés et pourquoi pas trouver du plaisir à tout cela ?
Oui, nous aimons nous retrouver, discuter, analyser le monde et c'est essentiel !

L'étape suivante se fera avec vous, dans des éco-lieux, en ville autour de jardins partagés ou de café-collapso, à la campagne en tentant d'être plus autonomes et mieux intégrés en réseaux locaux, en visio à un rendez-vous que nous nous serons fixés ou à travers ce que vous allez proposer !

L'étape suivante sera "radicalement" différente parce que ce à quoi nous aspirons est à inventer.
Nous ne pourrons y arriver sans rebattre "radicalement" les cartes, de façon inclusive, non-violente et bienveillante.

L'étape suivante c'est vous !

Radicalement vôtre.


Pour contribuer à cette étape suivante ...


C'est possible aussi lors de nos rendez vous réguliers (les webpapotages, les feux de camp, les rencontres mensuelles de l'AR) ou à travers ce que vous allez proposer ! Au travers aussi vos témoignages et expériences d'adaptation radicale (rendez-vous ici : Vos témoignages, comme celui de Jean Christophe Anna de l'Archipel du Vivant ici : Radical, vous avez dit radical ! Jean Christophe Anna

Donc oui à nous d'agir, comme on le lit dans cet article de Reporterre : Les entreprises privées ont saboté la COP26 ? À nous d’agir où le travail de l'Adaptation radicale est cité.
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